An analysis of François Truffaut’s Les 400 Coups

Our guest blogger and student in French cinema at the University of Melbourne, Daniel, shares his take on the ambiguous ending of the classic Nouvelle Vague 1959 film, Les 400 Coups, by François Truffaut.

Au cours du film de Truffaut, le personnage d’Antoine ne dévie pas d’une trajectoire prévisible : sa recherche de la liberté. Cet article affirmera que le malaise de ce personnage peut être expliqué par son impuissance à trouver sa place dans le monde autoritaire qui l’entoure.

400-coups-1959-04-g

Les quatre-cents coups commence avec une longue scène dans les rues parisiennes où Antoine aime tant se promener pendant ses heures rares de liberté. Nous voyons le paysage du point de vue du jeune garçon, c’est-à-dire entouré par les grands bâtiments. Cette scène est accompagnée d’une musique gaie et lyrique, similaire à celle d’une publicité ou d’une salle d’attente. La piste et l’image sont jumelées—sans avoir de rapport l’une avec l’autre—pour rendre la situation d’Antoine plus absurde qu’elle l’est déjà. Cette juxtaposition sert à amplifier la « tension ironique » entre Antoine et le reste du monde (Thiher 1979).

Les 400 coups

Les figures autoritaires se regroupent tout autour de lui. Chez lui, il est toujours cerné par les meubles, les objets, statique, dans un univers étroit, étouffant. Il est soit à table essayant de faire ses devoirs ou même dans son propre lit, qui se trouve dans le couloir. Dans les deux cas, Antoine est dans le chemin de sa mère, ou plutôt la femme qui l’a mis au monde. En effet elle est peu à l’aise dans le rôle de mère, méprisant à tout instant la présence de son fils. Selon Gillain « ce qu’elle ne lui pardonne pas, c’est de se manifester parfois en tant qu’enfant » (Gillain 1996). Truffaut passe un commentaire négatif sur les parents inaffectifs et disciplinaires. En outre, Thiher suggère qu’Antoine, en tant qu’enfant illégitime, non désiré, est par conséquent rejeté par un monde indifférent à son existence (Thiher 1979).

Pour approfondir le caractère d’Antoine, il est utile de faire une comparaison entre lui et son ami René. Ce dernier est à l’aise dans le monde, il comprend comment exploiter son environnement afin d’en tirer profit. Par exemple, il n’est pas puni après avoir fait l’école buissonnière car il avait un mot tout prêt à offrir au professeur. Antoine, en revanche, est trop naïf ou pas assez malhonnête pour savoir comment réagir face à ce problème. N’ayant pas d’excuse légitime pour son absentéisme, il décide de mentir, ce qui équivaut à une autodestruction révélant une angoisse existentielle profonde. Incapable de trouver un refuge dans son environnement sans pitié, parmi les adultes qui le considère comme un fardeau, il est inévitablement entraîné sur le chemin de la délinquance. Selon la philosophie existentielle, la vie est une série  de rôles divers que chaque personne doit jouer. Le petit Antoine se trouve dans une position désagréable, contre laquelle il doit lutter.

affiche-Les-400-coups-1958-4

Dès l’arrestation d’Antoine, le film devient plus sobre. L’ironie éclate dans cette partie du film où Antoine, à cause de sa recherche de liberté, s’en retrouve privé.

Le dénouement est l’unique conclusion possible du cycle d’autodestruction d’Antoine. Il est piégé dans un système qui préfère la punition à la réhabilitation, le dogme au dialogue. En tant qu’adulte, les actions et les responsabilités d’Antoine auraient eu un poids différent mais Antoine est un enfant, un enfant égaré que personne ne prend le temps d’écouter. Un enfant qui devrait, selon Truffaut, avoir le bénéfice de l’enfance. La fatalité du dénouement est la démonstration finale de la responsabilité de chacun, la preuve de l’échec éducatif, le sacrifice d’un enfant incompris afin de maintenir la tranquillité des responsables.

By Daniel Bouchet-Hibbert.

Bibliographie :

Gillain, A 1996, ‘Synopsis Les quatre-cents coups, étude et critique par Anne Gillain’ Dossier Collège au Cinéma no. 32. Salle d’art et d’essai classée recherche, Edition Nathan : Saint Étienne, France

Thiher, A 1979,  ‘The Existential Play in Truffaut’s Early Films’ The Cinematic Muse. Columbia and London: University of Missouri Press, 1979; orig. pub. in Literature/Film Quarterly , Summer 1977

Advertisements

About frenchatmelbourne

Students, alumni and friends of the Melbourne University French Studies Network

One comment

  1. Pingback: The Year in Review | French at Melbourne

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: